Moritz Bauer célèbre son but face au FC Zurich (Crédit: Servette FC)

Moritz Bauer: “Je voulais retourner dans un club familial et stable, ce qu’est le Servette FC.”

Après Jérémy Frick et Théo Magnin, c’est Moritz Bauer qui nous accordé de son temps pour répondre à nos questions. En plus d’une heure de discussion, nous avons pu retracer toute sa carrière. Découvrez la deuxième partie de ce moment passé avec l’international autrichien.

Tu vas ensuite découvrir le championnat écossais au Celtic Glasgow où tu remportes les deux titres nationaux, peux-tu nous parler de ces expériences et du niveau du championnat écossais?

Moritz Bauer: C’était une saison étrange. Le Celtic Park est toujours plein, en championnat comme en Europa League, les 70’000 billets sont vendus. La semaine d’après, tu joues à l’extérieur sur un synthétique en mauvais état devant 8’000 spectateurs. Le Celtic est un immense club et à Glasgow tous les habitants te connaissent. Pour revenir à cette saison, on a remporté le championnat mais nous n’avons jamais soulevé la coupe à cause du Covid-19. Pour ce qui est de la coupe, nous avions une rotation de l’effectif et je ne jouais pas dans cette compétition donc je n’ai pas disputé la finale. J’ai la médaille à la maison mais la victoire en coupe avec GC a plus de valeur à mes yeux notamment car j’étais sur le terrain.

En Écosse, il y a de petits clubs mais il y en a surtout deux immenses, le Celtic et les Rangers, parles-nous de cette rivalité avec les Rangers? 

Pour les Écossais, oui. Pour les joueurs étrangers, c’est différent. Tu n’es pas formé au club donc tu n’es pas “supporter” du club. Malgré tout, l’atmosphère lors de ces matchs est tendue. Nous avions gagné à l’extérieur et perdu à domicile, à la maison, l’ambiance n’était vraiment pas géniale après le match. 

Après cette saison en Écosse, tu retournes ensuite en Russie, à Ufa, pourquoi revenir en Russie?

Après mon prêt au Celtic, le club n’a pas pu payer l’option d’achat à cause des problèmes financiers liés au Covid-19. Je suis donc retourné à Stoke City mais le nouvel entraîneur ne comptait pas sur les joueurs revenant de prêt, nous devions même nous entraîner hors de l’équipe. Je ne pouvais pas quitter le club en prêt à cause du fair-play financier et aucun club n’avait de l’argent pour un transfert, je suis donc resté durant 6 mois à jouer avec la deuxième équipe. J’avais encore un assez bon nom en Russie et les clubs avaient de quoi mettre en place un transfert, la gestion du Covid-19 était différente, les stades étaient encore pleins. Donc en janvier, Ufa m’a proposé de venir et j’ai signé. Cela m’a fait du bien de revenir en Russie, en Angleterre, la mentalité dans le sport est assez froide. 

Moritz Bauer: “On discutera avec Philippe Senderos, c’est un ami et si les deux parties sont d’accord pour continuer alors on continuera”

Moritz Bauer discute de son avenir au sein du Servette FC.

Et finalement, tu arrives à Genève, pourquoi as-tu choisi le Servette FC?

Après 3 mois en Russie, le sponsor principal a quitté le club et les dirigeants m’ont expliqué que cela serait difficile de me garder. J’étais plutôt en colère parce que Ufa m’avait convaincu d’arrêter mon contrat avec Stoke City et donc de ne pas toucher l’entièreté de mon contrat, tout ça pour rechanger de club 3 mois après. En Russie, ils ne rigolent pas… quand ils veulent que tu partes, tu pars ! (rires). J’étais obligé de m’entraîner seul, faire des tours de terrain à 7 heures du matin. Après Ufa, la politique du football ne me plaisait plus et j’ai eu l’opportunité de venir à Genève grâce à Philippe Senderos, avec qui j’ai joué à GC. Je voulais retourner dans un club familial et stable, ce qu’est le Servette FC. J’avais des offres plus lucratives de Turquie et de Russie mais je voulais revenir en Suisse et trouver de la stabilité. 

Tu es assez proche de Patrick Pflücke, comment est votre relation? Le fait de parler allemand vous a rapproché?

C’est comme à l’école, tu as une bonne relation avec tout le monde mais certaines personnes sont plus proches de toi. Il ne parlait pas français lorsqu’il est arrivé et l’allemand nous a rapproché. J’essaie de l’aider à s’adapter à la ville aussi, ce n’est pas facile lorsque tu arrives à Genève et d’autant plus quand tu ne parles pas la langue. 

Tu arrives en fin de contrat, est-ce que tu souhaites rester?

On verra. J’ai déjà eu des contrats de longues durées et cela ne s’est jamais bien terminé. On discutera avec Philippe Senderos, c’est un ami et si les deux parties sont d’accord pour continuer alors on continuera. Je ne veux pas perdre des amis pour des histoires de contrat. Je me sens bien à Genève, je me vois rester mais il y aura également des discussions avec l’entraîneur afin de connaître ses plans avec moi. 

Tu es en concurrence au poste de latéral droit avec Moussa Diallo et dans une moindre mesure Théo Magnin. Comment appréhendes-tu cette concurrence?

Nous sommes les 3 dans une situation différente. J’aime beaucoup la mentalité de Théo qui est encore jeune et c’est son premier club professionnel. Moussa veut pousser pour jouer et potentiellement se servir de Servette comme tremplin de sa carrière. De mon côté, je ne compte pas aller au Real Madrid après (rires) ! Je mange souvent avec Théo et Moussa, on est très proche et la concurrence est très seine. Il est évident que tu veux toujours jouer mais c’est le cas pour nous 3. 

On t’a également vu jouer sur le côté gauche, à quel moment dans ta carrière as-tu appris à  jouer latéral droit et gauche? 

C’est le même poste tactiquement, c’est la technique qui change. J’ai appris à GC car le latéral gauche était blessé, j’ai dû le remplacer. Ici, nous avons Valton Behrami si Gaël Clichy se blesse, à GC, il n’y avait personne. Quand tu es jeune, tu es prêt à jouer n’importe où. Si demain, on demande à Théo de jouer à gauche, il ne va pas dire non! Même si tu ne sais pas arrêter le ballon avec l’autre pied, tu acceptes (rires) ! 

Moritz Bauer sous les couleurs de UFA

« Il faut savoir que mon père et mes sœurs sont autrichiens mais ils ont tous pris le passeport Suisse, je suis donc le seul autrichien de ma famille » (Moritz Bauer)

Tu as joué avec l’équipe de Suisse en junior, pourquoi avoir choisi l’Autriche ensuite?

C’est une sacrée histoire ! Avec Lichtsteiner et Lang, c’était bouché en équipe nationale Suisse alors qu’il y avait un problème à ce poste en Autriche. Il faut savoir que mon père et mes sœurs sont autrichiens mais ils ont tous pris le passeport Suisse, je suis donc le seul autrichien de ma famille. J’étais Rubin Kazan et j’ai dû renouveler mon passeport autrichien pour avoir un passeport de l’Union Européenne, cela facilite la vie en Russie. A ce moment-là, le Blick a écrit un article à ce sujet et je ne sais toujours pas comment ils ont su que je renouvelais mon passeport (rires) ! Suite à cela, l’équipe autrichienne m’a appelé pour me demander de jouer avec eux et j’ai dit oui. 

Tu as joué contre l’Uruguay, tu as d’ailleurs délivré une passe décisive, et l’Allemagne. Deux victoires 2-1, qu’est ce que ça fait de représenter son pays contre des nations pareilles?

Il faut apprendre l’hymne (rires) ! Pour les médias, j’étais le Suisse qui jouait pour l’Autriche et c’est la vérité, à part mes grand-parents, je n’ai pas vraiment pas le lien avec ce pays mais quand tu portes ce maillot tu es autrichien. 

Moritz Bauer 🇦🇹

Moritz Bauer 🇦🇹

 2011 – 2016 : Grasshoper Club Zürich 🇨🇭

2016 – 2018 : Rubin Kazan 🇷🇺

2018 – 2021 : Stoke City Google (Android 12L)

2019 – 2020 : ➡️ Celtic Glasgow Google (Android 12L)

2021 : ➡️ FK Oufa 🇷🇺

2021 : FK Oufa 🇷🇺

2022 – ? : Servette FC 🇨🇭

Article rédigé par

Ethan Fasnacht et Thomas Zinguinian

Publié le 23 décembre 2022 à 18h45

Article rédigé par
Ethan Fasnacht et Thomas Zinguinian

Publié le 23 décembre 2022 à 18h45

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