Moritz Bauer lors du match de Coupe de Suisse face au Stade Nyonnais (Crédit: Servette FC)

Moritz Bauer: “Je jouais en tant que numéro 10 jusqu’aux moins de 21 ans”

Après Jérémy Frick et Théo Magnin, c’est Moritz Bauer qui nous accordé de son temps pour répondre à nos questions. En plus d’une heure de discussion, nous avons pu retracer toute sa carrière. Découvrez la première partie de ce moment passé avec l’international autrichien.

Dans un mois, cela fera un an que tu es un joueur du SFC, comment s’est passé ton adaptation au club et à la ville?

Moritz Bauer: Au début, c’est vrai que c’était un peu difficile administrativement. Je ne pensais pas que ça allait être si compliqué après 8 ans à l’étranger… entre les assurances, l’armée ou encore la recherche d’un appartement. Pour ce qui est de l’équipe, tout s’est bien passé. Ce sont vraiment des bons gars.

D’ailleurs, tu parles français, cela a dû aider à t’intégrer, où l’as-tu appris?

Je l’ai étudié à l’école et je le pratique à Genève chaque jour. Je m’adapte comme je l’ai fait dans chaque pays en apprenant la langue.

Tu avais appris le russe par exemple?

Oui, il faut et c’est obligé. A Moscou, ils parlent anglais mais dans les petites villes c’est plus difficile. De plus, c’est important aussi pour communiquer dans les vestiaires et pour comprendre les blagues ou lorsque quelqu’un n’est pas content par exemple. 

Pour en revenir à ta carrière, tu es formé à Winterthur mais tu as terminé ta formation et commencé en pro à GC, comment s’est passé le transfert et tes débuts?

A 18 ans, les M21 de GC ont réellement installé un projet avec Mathias Walther qui était à Winterthur auparavant. Il a pris avec lui plusieurs joueurs comme Remo Freuler et moi pour former une belle équipe. Pour l’anecdote, je jouais en tant que numéro 10 et en M21, c’est la première fois que je jouais latéral droit. Le club savait que Kay Voser allait partir, il fallait donc le remplacer et j’ai eu l’opportunité de jouer. 

Dans cette équipe des M21, qui étaient tes coéquipiers? 

Il y avait Izet Hajrovic, Steven Zuber, Amir Abrashi, Remo Freuler ou encore Nzuzi Toko. Par la suite, j’ai pu jouer avec Michael Lang, Roman Bürki et Munas Dabbur. 

Vous aviez joué le titre non?

Pas la première année, qui était assez difficile, nous avons été sauvés grâce aux 36 points de pénalités de Sion. Ensuite Sforza a été remplacé par Uli Forte et nous avons réalisé une belle saison. Nous avons remporté la coupe de Suisse et terminé deuxième en championnat. 

Moritz Bauer: “Aller au Rubin Kazan était la meilleure décision de ma vie”

Moritz Bauer revient sur ses expériences en Russie et en Premier League anglaise.

Après 4 ans, tu rejoins la Russie et Rubin Kazan, pourquoi avoir fait ce choix ?

J’avais 23-24 ans et j’étais un joueur important à GC. Honnêtement, c’était vraiment un contrat très lucratif et j’ai pu visiter le nouveau complexe construit pour la coupe du monde, cela a fait pencher la balance. Je suis également quelqu’un de très curieux, je voulais découvrir une nouvelle culture. Aller à Kazan était la meilleure décision de ma vie, j’ai grandi en tant que personne et je suis sorti de ma zone de confort. 

L’adaptation était-elle difficile? 

C’est difficile à dire, l’image de la Russie n’est pas très bonne actuellement. A Kazan, il y a beaucoup de minéraux comme le gaz et l’huile et donc beaucoup d’argent. Cependant, j’adorais la mentalité des gens, très ouverts et très gentils. Tout était fait pour que tu te sentes bien, un chauffeur et un traducteur étaient mis à disposition de chaque joueur en plus de quelqu’un qui te cherchait un appartement. Dans le complexe sportif, il y avait également un hôtel et un restaurant, le stade était de 70’000 places… c’était vraiment un monde parallèle comparé à GC où nous n’avions même pas de repas. 

Au bout d’un an et demi, les portes de la Premier League s’ouvrent. C’est comment de jouer en Premier League?

C’est comme dans le film “GOAL” que tu regardes en étant enfant ! Mon premier match était à Old Trafford contre Manchester United, je me rappelle avoir regardé le match Liverpool contre Manchester United et m’être dit que je ne jouais pas au même jeu (rires) ! L’adaptation était assez difficile aussi, en Angleterre, il n’y a que très peu de pauses et en plus, j’étais sélectionné avec l’Autriche. En Russie, tout était si bien organisé… je pensais que ça allait être pareil en Angleterre et pas du tout, il n’y avait rien. 

A Stoke City, tu as côtoyé de très bons joueurs dont Shaqiri, Choupo-Moting ou encore Crouch, comment était-ce? 

Je suis très proche de Xherdan Shaqiri car nous parlions suisse-allemand ensemble et nous avons déjà joué avec l’équipe de Suisse en junior. On avait vraiment une bonne équipe, il y avait aussi Jesé et Joe Allen. Tous les joueurs étaient en équipe nationale, lors des pauses internationales, personne n’était au centre d’entraînement. C’était particulier car ce sont beaucoup d’individualités, chacun s’entrainait de son côté, pas de blagues dans le vestiaire, personne ne mangeait ensemble. 

Moritz Bauer célèbre son splendide but face au FC Zurich (Crédit: Servette FC)

« C’est impressionnant d’avoir pu jouer à Old Trafford, à Anfield ou à l’Emirates Stadium. » (Moritz Bauer)

Avec le recul, avoir joué dans de superbes stades contre de très grands joueurs, est-ce que tu vois cette saison comme le meilleur moment de ta carrière?

Pour les stades, quand tu joues ton match, tu ne te rends pas compte de où tu es. Quand tes amis ou ta famille viennent te voir, ils te disent que c’est un beau stade mais quand tu es sur le terrain, tu ne fais pas attention. C’est toutefois impressionnant d’avoir pu jouer à Old Trafford, à Anfield ou à l’Emirates Stadium. 

 

 

Moritz Bauer 🇦🇹

Moritz Bauer 🇦🇹

 2011 – 2016 : Grasshoper Club Zürich 🇨🇭

2016 – 2018 : Rubin Kazan 🇷🇺

2018 – 2021 : Stoke City Google (Android 12L)

2019 – 2020 : ➡️ Celtic Glasgow Google (Android 12L)

2021 : ➡️ FK Oufa 🇷🇺

2021 : FK Oufa 🇷🇺

2022 – ? : Servette FC 🇨🇭

Article rédigé par

Ethan Fasnacht et Thomas Zinguinian

Publié le 20 décembre 2022 à 18h00

Article rédigé par
Ethan Fasnacht et Thomas Zinguinian

Publié le 20 décembre 2022 à 18h00

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