La joie des Grenat après la magnifique ouverture du score de Thomas Lopes

Crédit photo : Raphaël Magnin

Vaduz rentre avec le ballon, Servette avec les trois points 

Servette recevait le FC Vaduz, néo-promu, en ce week-end d’Halloween. Pour l’occasion, spectacles en tout genre, police d’écriture revisitée sur les maillots et tribunes clairsemées, mais une ambiance toujours aussi chaude. Tout ça, c’est bien beau, mais quid du terrain ? Parce qu’entre les animations d’avant-match et les frissons promis par la fête des morts, les Grenat avaient surtout un match à gagner.

On ne change pas une équipe qui gagne, et Jocelyn Gourvennec l’a bien compris. Le technicien breton reconduit le même onze que face à Sion. Comme lors des cinq dernières rencontres, le SFC laisse le ballon à son adversaire. Au bout de dix minutes, 87 % de possession pour le FC Vaduz. Barça style. Sauf que le tiki-taka liechtensteinois ne fait pas trembler les filets. La première occasion est même servettienne. Bien lancé par Jarrell Simo, Kingstone Mutandwa se présente face au gardien, tente de le lober, mais ne parvient pas à reprendre le ballon, qui file à quelques centimètres du poteau. Premier avertissement.

Les Grenat ne contrôlent clairement pas le ballon. Et pourtant, ils vont frapper. Fort.

À la suite d’une récupération au milieu de terrain, Thomas Lopes est servi. Le jeune milieu de 19 ans avance, prend sa chance et expédie le ballon dans la lucarne. Un bijou. Une frappe exceptionnelle dont on risque de parler encore longtemps du côté de Genève. Servette vient de faire passer un message à son adversaire du jour. Vous pouvez garder le ballon, nous, on préfère marquer.

Autre statistique qui commence à devenir intéressante, pour la deuxième fois consécutive, un joueur accompagnant le coach en conférence de presse trouve le chemin des filets le lendemain. On a hâte de voir combien de buts Mutandwa inscrira après son premier passage devant les médias, lui qui affiche déjà une moyenne proche d’une réalisation par match. 

Vaduz accuse le coup, et Servette entend bien en profiter. Les Grenat poussent et multiplient les récupérations hautes, qui débouchent sur plusieurs occasions. La plus dangereuse vient une nouvelle fois du numéro 7. Dos au but, Mutandwa se retourne et frappe. Poteau. Cette fois, le gardien liechtensteinois peut souffler. Avertissement sans frais.

Après ces quelques minutes intenses, le rythme retombe. Le match devient haché, ponctué de nombreuses fautes servettiennes dans leur propre camp. De quoi faire grimacer Gourvennec, que l’on aperçoit s’agiter sur son banc. Et le technicien a de quoi s’inquiéter. Sur l’un de ses coups francs, Vaduz trouve une belle situation, mais Edvinas Gertmonas s’interpose. Il aura fallu attendre la 28e minute pour voir le premier tir cadré des visiteurs.

Si les supporters présents à la Praille espéraient retrouver le même spectacle que face à Sion, ils ont de quoi rester sur leur faim. Du moins sur le rectangle vert. Servette manque d’agressivité, peine à conserver le ballon et ne parvient à inquiéter son adversaire qu’en transition. Les interventions de monsieur Cibelli viennent régulièrement couper le rythme, sans toutefois expliquer à elles seules le manque de maîtrise des Grenat.

À la pause, les chiffres sont éloquents : 26 % de possession pour Servette, contre 74 % pour Vaduz. Les Genevois maîtrisent le score, mais certainement pas le ballon. Une nuance qui pourrait finir par coûter cher.

Au retour des vestiaires, les Grenat décident de prendre les devants. Thomas Lopes repique sur son pied gauche et enroule sa frappe. C’est cadré, mais trop tendre pour inquiéter Leon Schaffran, qui détourne sans difficulté. Sur le corner qui suit, Marco Burch s’élève plus haut que tout le monde, mais sa tête passe au-dessus des montants.

Les Genevois cherchent désormais à récupérer le ballon plus haut et y parviennent. Mathis Lambourde intercepte, transmet à Mutandwa, qui frappe. Corner. Sur celui-ci, le numéro 22 récupère le ballon et tente une reprise de volée. Schaffran détourne encore. Lambourde y prend goût et remet ça quelques instants plus tard. Même résultat. Le dernier rempart boxe le ballon et permet à sa défense de se dégager. À ce stade, le gardien de Vaduz commence à avoir du travail pour deux.

Les Residenzler tentent timidement de réagir, mais Servette joue plus haut, réduit les espaces et s’installe aux abords des seize mètres adverses. Les Grenat cherchent le break pour éviter de transformer cette soirée d’Halloween en film d’horreur. Même Bradley Mazikou s’essaie à l’exercice, mais sa tentative, déviée par la défense, finit dans les gants de Schaffran. La défense liechtensteinoise subit les assauts sans rompre. 

Jocelyn Gourvennec procède alors à ses premiers changements : Simo et Lambourde cèdent leur place à David Douline et Ouattara. En face, le banc de Vaduz répond par des changements plus offensifs, histoire de tenter d’arracher l’égalisation. Mais ces ajustements ne modifient pas vraiment le scénario de la rencontre. Servette attaque, Vaduz défend. Les Grenat ont les occasions, les visiteurs ont le ballon. Chacun son plaisir.

Sauf qu’au football, il existe une règle aussi vieille que le jeu : quand on ne concrétise pas ses occasions, on finit souvent par le regretter. Et le FC Vaduz ne compte pas repartir de Genève les mains vides.

À la suite d’un cafouillage dans la surface servettienne, Lufti Dalipi surgit et pousse le ballon au fond. Égalisation. Les visiteurs ont passé une bonne partie de la rencontre à subir, mais les voilà récompensés. Pour Servette, le scénario prend soudain une tournure bien moins confortable. Après avoir laissé Vaduz monopoliser le ballon, les Grenat viennent de lui offrir une raison supplémentaire d’y croire.

Mais cette équipe a au moins le mérite de ne pas baisser les bras. Les Servettiens repartent à l’assaut, avec davantage de conviction et d’agressivité. Et Mutandwa, décidément intenable, est tout proche d’inscrire le but de la saison. Sur un centre aérien, l’attaquant tente une bicyclette. Le geste est superbe, la conclusion un peu moins. Dommage. La Praille aurait pourtant volontiers signé pour une telle œuvre d’art.

Ce n’était finalement qu’un avertissement. Une minute plus tard, Mutandwa récupère le ballon aux abords des seize mètres et déclenche sa frappe. Cette fois, Schaffran ne peut rien faire. Le ballon termine au fond, Servette reprend l’avantage et le numéro 7 peut enfin savourer. 2-1, à quatre minutes du terme. Après avoir multiplié les occasions, l’attaquant tient sa récompense. Et les Grenat respirent enfin.

Au coup de sifflet final, Servette s’impose face au FC Vaduz au terme d’une rencontre dominée, mais rarement maîtrisée. Les Genevois avaient pourtant ouvert le score assez tôt, avant de laisser leur adversaire confisquer le ballon et revenir dans la partie. Il aura fallu attendre les dernières minutes et un Kingstone Mutandwa décisif pour éviter que cette soirée ne tourne au mauvais sort. Jocelyn Gourvennec a su trouver les mots et les ajustements nécessaires pour permettre à son équipe de repartir avec les trois points. Tout n’a pas été parfait, loin de là, mais le résultat est là. Et si Halloween est la fête des morts, Servette, lui, a refusé de laisser mourir ses espoirs.

Kingstone Mutandwa a inscrit son 7e but en 6 matches toutes compétitions confondues

Crédit photo : Raphaël Magnin

Article rédigé par
Nicola Di Nardo

Publié le 25 octobre 2026

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