
Samuel Mraz a raté un pénalty en première mi-temps.
Crédit photo : Lilou Bailly
Servette tient presque bon face à Lugano
Jeudi soir, direction l’AIL Arena pour le Servette FC, venu rendre visite à Lugano au milieu d’une semaine anglaise qui commence déjà à laisser des traces. Après avoir laissé filer deux points contre Lucerne, pourtant réduit à dix dès la 20e minute, les hommes de Jocelyn Gourvennec avaient une mission simple : repartir de l’avant. Première dans le nouveau stade luganais, maillot third, nouvelles têtes sur le banc. Tout était réuni pour une belle soirée. Enfin, presque.
Parce que le football, parfois, c’est aussi 94 minutes de résistance pour finalement rentrer à la maison avec rien.
Les Grenats commencent pourtant plutôt bien. Possession du ballon, rythme imposé et une première situation rapidement obtenue. Corner repoussé par la défense tessinoise, Pedro Naressi surgit et tente sa chance en première intention. Une volée, comme on les aime. Sauf qu’elle finit quelque part entre les tribunes et le toit.
Puis Lugano se réveille.
Sur un centre, les Tessinois trouvent la tête d’un de leurs attaquants. La tentative est trop centrée, mais Edvinas Gertmonas relâche le ballon avant de le récupérer en deux temps. Petite frayeur. Deux minutes plus tard, nouvelle alerte avec une frappe qui vient lécher les montants servettiens.
Et pendant que Lugano prend progressivement le contrôle des opérations, les chiffres commencent à faire franchement mauvais genre. À la 25e minute, les Bianconeri affichent 65 % de possession et quatre tirs contre un seul pour Servette. Les Grenats sont spectateurs de leur propre match.
Puis, contre toute attente, le cadeau tombe du ciel.
Tiemoko Ouattara est accroché dans la surface. Penalty. L’occasion rêvée de remettre Servette dans le sens de la marche. Samuel Mraz s’avance, prend ses responsabilités… et expédie le ballon au-dessus. Après une soirée déjà compliquée contre Lucerne, l’attaquant slovaque continue donc sa tournée des occasions manquées. De quoi lui redonner confiance.
Servette aurait pourtant pu prendre l’avantage avant la pause. Ouattara, encore lui, s’amuse avec deux défenseurs avant de repiquer sur son pied gauche et d’enrouler. Ça part bien. Très bien même. Mais pas assez bas. Le ballon passe juste au-dessus de la cage de David von Ballmoos.
À la pause, les statistiques sont nettement à l’avantage de Lugano. Le score reste vierge mais, les Tessinois ne parviennent pas vraiment à mettre Gertmonas en danger. Servette défend, et tient. Une sorte de catenaccio, avec option contre-attaque.
Au retour des vestiaires, Gourvennec ne change rien. Ni les hommes, ni vraiment la recette. On ne change pas une équipe qui ne perd pas.
Lugano garde le ballon, le fait circuler et installe son campement dans la moitié de terrain servettienne. Les Grenats, eux, voient passer le ballon comme un train qu’ils auraient raté. Sortir de leur camp devient une expédition. Mais lorsqu’ils y arrivent, ils savent encore se montrer dangereux.
Sur une merveille de passe en profondeur de Timo Cognat, Ouattara se retrouve seul face à von Ballmoos. Résultat : frappe au-dessus.
Lugano repart à l’assaut. Une nouvelle fois, Rouiller sort le grand jeu. Le défenseur coupe une offensive tessinoise dans les seize mètres et détourne le ballon en corner. Depuis le début de la rencontre, il est partout. Tête, pied, anticipation, tacle : le Genevois semble avoir signé un contrat avec la trajectoire du ballon.
À l’heure de jeu, Mutandwa entre à la place de Mraz, bientôt accompagné de Thomas Lopes, de retour de blessure. Et le nouveau venu ne met pas longtemps à montrer ce qu’il sait faire. Une bicyclette pour commencer, histoire de rappeler qu’il n’est pas venu uniquement pour visiter Genève. Puis une tête parfaitement placée, sortie d’une main par von Ballmoos.
Servette commence enfin à respirer.
David Fofana entre également en jeu dans les dernières minutes et donne un peu plus de mordant à une attaque qui en avait cruellement manqué jusque-là. Mutandwa, lui, continue de se montrer. Le nouveau venu est probablement l’attaquant servettien le plus dangereux de la saison. Ce qui, après quelques semaines de compétition, constitue à la fois une bonne nouvelle et une information légèrement inquiétante.
Et puis arrive la 94e minute.
Le genre de minute où tout le monde commence déjà à regarder l’horloge en se disant que, bon, finalement, ce petit 0-0 à l’extérieur, ce n’est pas si mal.
Erreur.
Un centre luganais est repoussé par la défense genevoise. Albjan Ajeti récupère, arme et envoie une mine. Gertmonas ne peut rien faire. Il regarde le ballon filer au fond des filets pendant que l’AIL Arena explose (1-0).
Rideau.
Servette repart donc de Lugano avec zéro point et quelques regrets dans les bagages. Les Grenats auront résisté pendant 94 minutes, affichant une belle solidité défensive — Rouiller en tête — mais auront cruellement manqué de poids devant. Un penalty envoyé dans les nuages, plusieurs situations mal négociées et une incapacité chronique à sortir de leur camp auront finalement pesé lourd. Le football est parfois cruel. Mais jeudi soir, il a surtout été très luganais. Et pendant que les Bianconeri célèbrent trois points tombés du ciel, Servette, lui, doit déjà se concentrer pour le match de dimanche face à St-Gall.

La saison des Grenat ne décolle toujours pas.
Crédit photo : Lilou Bailly
Article rédigé par
Nicola Di Nardo
