
Les joueurs du Servette FC n’ont pas réussi à faire la différence.
Crédit photo : Raphaël Magnin
Servette se prend les pieds dans le tapis lucernois
Deux semaines sans jouer, un effectif décimé et un FC Lucerne en guise de retrouvailles : le Servette FC retrouvait la compétition ce samedi en fin de journée, au Stade de la Praille, après le report de son déplacement à Thoune, conséquence de l’aventure européenne des Bernois.
Privés de Florian Ayé, parti sous d’autres cieux, et avec une infirmerie qui commence sérieusement à ressembler à une salle d’attente, les Grenat devaient également composer avec plusieurs absences liées au mercato. Malgré tout, Jocelyn Gourvennec alignait un onze cohérent, dans la continuité de ce qui avait été proposé en début de saison.
Et pour cause : les Servettiens restaient sur deux succès consécutifs, dont un en Coupe de Suisse, et pointaient à la huitième place avant le coup d’envoi, à seulement une longueur de leur adversaire du jour. Mais assez parlé de chiffres. Place au terrain.
Pour leur première apparition avec leur maillot vintage, les Genevois entament la rencontre avec prudence. Les premières minutes ressemblent davantage à une partie d’échecs qu’à un match de football : deux blocs bien en place, peu de risques pris et surtout, pas grand-chose à se mettre sous la dent.
Puis, sortie de nulle part, la lumière.
À la 14e minute, Quentin Maceiras lance Miroslav Stevanovic dans la profondeur. Le Bosnien se retrouve seul face à Karlo Letica et ne tremble pas : frappe puissante au ras du sol, le portier se troue, 1-0. La Praille se réveille d’un coup. Comme quoi, il suffisait simplement de lui donner une raison.
Cinq minutes plus tard, nouveau coup de tonnerre. Oscar Kabwit laisse traîner ses crampons sur la cheville de Lilian Njoh. Après intervention de l’assistance vidéo, l’arbitre revient sur sa décision et sort le carton rouge. La Praille célèbre l’expulsion comme un deuxième but. À onze contre dix, Servette semble alors avoir toutes les cartes en main.
S’ensuit une longue séquence de possession genevoise. Les Servettiens font tourner, déplacent le bloc lucernois et obligent les visiteurs à courir après le ballon. Le FC Lucerne semble condamné à défendre et à dégager.
Sauf qu’en football, il suffit parfois d’une seule action.
Sur un corner genevois mal exploité, les Lucernois récupèrent le ballon et partent en contre. Daniel Mikolajewski trouve Andres Ciganiks, qui profite de l’espace pour lober Léo Besson. Le gardien servettien ne peut rien faire, 1-1. Le FC Lucerne vient de marquer contre le cours du jeu, avec dix joueurs sur le terrain. De quoi rappeler aux Grenat qu’une domination territoriale ne rapporte aucun point au classement.
Au retour des vestiaires, Servette revient avec de meilleures intentions. Maceiras adresse un centre précis vers Samuel Mraz, qui tente une reprise de volée. Letica est vigilant et détourne le ballon.
Les Grenat se montrent ensuite plus agressifs, plus entreprenants et surtout davantage décidés à profiter de leur supériorité numérique. Mais à l’approche de l’heure de jeu, le constat reste le même : beaucoup d’intentions, peu d’efficacité.
Pire encore, le FC Lucerne aurait pu prendre l’avantage.
Tyron Owusu s’élève sur un ballon aérien et manque de peu de faire mouche avant que Bung Meng Freimann manque de trouver le cadre. Deux alertes qui font sérieusement transpirer les supporters genevois. À dix contre onze, les Lucernois commencent à se sentir étonnamment bien.
Jocelyn Gourvennec décide alors de faire tourner. Parmi les entrants, Benoît Sida effectue ses premières minutes sous le maillot servettien à la Praille.
Mais le match s’enlise. Quelques minutes de néant plus tard, Bradley Mazikou, fraîchement entré, déborde sur son côté et adresse un centre en retrait vers Miça. La reprise s’envole au-dessus du but. Une occasion de plus, un raté de plus.
Le scénario devient alors presque caricatural. Tête déviée, tacle salvateur, anticipation, bloc bas : réduit à dix depuis la 20e minute, Lucerne résiste à tout. Les hommes de Jörg Portmann défendent avec leurs tripes et parviennent à contenir les vagues genevoises.
Dans les tribunes, les 8’454 spectateurs commencent à regarder le chronomètre plus souvent que le terrain.
En fin de rencontre, Mazikou tente encore sa chance d’une belle frappe, peut-être sa première de la saison. Mais Letica est là et sort la parade qu’il faut.
Corner, centre en retrait, ballon aérien, profondeur : Servette aura essayé à peu près tout ce qui était possible pour forcer le verrou lucernois. Mais il aura surtout manqué ce petit quelque chose qui transforme une domination en victoire : de la précision, de la conviction et un soupçon de vice.
Les Grenat auront poussé jusqu’au bout sans parvenir à faire sauter le verrou lucernois. À onze contre dix pendant plus d’une heure, Servette avait les cartes en main, mais a manqué de précision et de mordant dans le dernier geste. Un point au goût amer au vu du scénario. Prochain rendez-vous jeudi à Lugano, où les Grenat devront cette fois viser les trois points.

Miroslav Stevanovic a ouvert le score pour les Grenat
Crédit photo : Raphaël Magnin
Article rédigé par
Nicola Di Nardo
