Jocelyn Gourvennec pourra compter sur plusieurs recrues dans les jours à venir.

Crédit photo : Nicolas Valloggia

Servette retrouve de la profondeur avant de défier Lugano

Il aura fallu attendre la dernière ligne droite du mercato pour que le puzzle servettien commence enfin à ressembler à quelque chose. Après plusieurs départs et une cascade de blessures, les Grenat récupèrent peu à peu de la matière première. David Fofana et Kingstone Mutandwa ont signé, tandis qu’un troisième renfort offensif, le retour de Dereck Kutesa, devrait suivre – manque que la signature et l’officialisation. De quoi redonner un peu de relief à une attaque qui commençait sérieusement à manquer de monde.

« On avait perdu quatre joueurs sur le plan offensif. On est en passe d’en récupérer trois », résume Jocelyne Gourvennec. Une manière élégante de dire que, pendant quelques semaines, le banc ressemblait davantage à une salle d’attente qu’à celui d’un club de Super League.

Et ce n’est pas seulement une question de quantité. Pour le coach servettien, il s’agit désormais de créer de la concurrence et de pouvoir « doubler les postes ». Un luxe devenu particulièrement appréciable après les absences de Thomas Lopes, Mathis Lambourde et les différents mouvements du mercato. Lopes et Lambourde, justement, ont repris l’entraînement collectif et devraient être disponibles contre Saint-Gall, mais pas encore à Lugano.

La différence avec l’été dernier est justement là. Il y a un an, Gourvennec avait débarqué dans un effectif en chantier permanent, entre nouveaux joueurs, jeunes à intégrer et blessures. Cette fois, la maison est déjà construite. Il ne reste qu’à peaufiner.

« On a une vraie base solide. On n’est pas aléatoire », assure l’entraîneur. Une stabilité qui se vérifie notamment dans le secteur défensif, devenu selon lui « très cohérent » et capable de donner très peu à l’adversaire.

Le problème, lui, se trouve à l’autre bout du terrain.

Car Servette peut bien contrôler les 70 mètres qui séparent sa propre surface de celle de l’adversaire, encore faut-il savoir quoi faire une fois arrivé devant. Face à Lucerne, les Grenat ont touché 53 ballons dans la surface adverse sans parvenir à faire sauter le verrou. Le constat de Gourvennec est aussi simple que sévère : manque de justesse, de précision et de spontanéité dans les 25 derniers mètres.

En clair : Servette sait construire, mais oublie parfois de conclure.

C’est probablement le chantier numéro un de cette équipe. L’avant-dernière passe, la dernière, le geste final : tout ce petit monde doit encore gagner en précision. Les occasions ne manquent pas forcément, mais leur exploitation laisse encore les Grenat sur leur faim.

Et pendant que les attaquants cherchent encore la bonne formule, les adversaires, eux, n’ont pas toujours besoin de grand-chose. Gourvennec a notamment insisté sur les erreurs de concentration sur coups de pied arrêtés, après le but encaissé contre Lucerne.

Le coach n’a visiblement pas fait dans la dentelle lors de la séance vidéo de lundi. « Je n’ai pas ménagé les joueurs », reconnaît-il, rappelant qu’il accepte de prendre un but sur un exploit individuel adverse, beaucoup moins de se faire punir sur une situation travaillée à l’entraînement.

La nuance est importante : le problème n’est pas de tout jeter. Au contraire. Servette plaît à son entraîneur dans son organisation et son animation depuis plusieurs mois. Il manque simplement ce petit supplément de mordant qui transforme une bonne prestation en trois points.

Les nouvelles recrues doivent donc apporter cette fameuse force de frappe. Fofana et Mutandwa sont officiellement Grenat, même si leur qualification dépend encore des démarches administratives. Kutesa, lui, pourrait revenir dans un club qu’il connaît déjà, mais Gourvennec refuse pour l’instant de vendre la peau de l’ours.

Et pas question, selon lui, de parler de « panic buy ». Les dossiers ont été travaillés depuis longtemps, mais le mercato reste ce drôle de marché où tout le monde attend que l’autre fasse le premier pas. 

Servette a donc attendu. Parfois trop longtemps pour le confort de son entraîneur, mais pas nécessairement par manque d’anticipation.

« Une fois que le marché est terminé, on peut faire le focus sur la suite », résume Gourvennec.

Et c’est précisément ce qui change cette saison. Les départs sont presque digérés, les blessés reviennent, les recrues arrivent et les rôles commencent à se préciser. Après des semaines à bricoler, Servette va enfin pouvoir travailler avec un effectif qui ressemble davantage à celui imaginé durant l’été.

Reste maintenant à faire de tout ce monde une belle équipe. 

Parce qu’entre bien jouer et gagner, il y a parfois seulement 25 mètres. Et c’est justement là que Servette doit encore apprendre à être méchant.

Tenu en échec contre Lucerne, Servette devra faire mieux contre Lugano.

Crédit photo : Photographe Raphaël Magnin

Article rédigé par
Nicola Di Nardo

Publié le 3 septembre 2026

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