
Magdalena Sobal est la joueuse à suivre de ce début de saison !
Crédit photo : Maria Symchych
Phase de Ligue d’UWCL : le menu XXL du Servette Chênois Féminin
Cinq ans après l’épopée de 2021, le SFCCF s’est qualifié pour la deuxième fois de son histoire en phase finale de la Champions League. Pour décrocher ce deuxième billet européen historique, les Genevoises ont effacé leur défaite à l’aller en renversant le Sparta Prague 3-0 à domicile. Un nouveau chapitre s’ouvre désormais pour les Grenat, qui s’apprêtent à se mesurer à six adversaires de premier plan du football féminin continental. Au programme : des retrouvailles avec l’AS Roma, une confrontation face aux championnes en titre du FC Barcelone et un duel contre le géant historique lyonnais, mais aussi des rencontres face à des clubs en pleine ascension.
OL Lyonnes, l’équipe la plus titrée de l’histoire
Depuis près de deux décennies, l’OL Lyonnes, ex-Olympique Lyonnais, règne sans partage sur le football féminin français. Mais c’est surtout en Europe que le club a bâti sa légende : huit titres de Champions League, dont cinq d’affilée entre 2016 et 2020, un record absolu. Longtemps, Lyon a incarné le boss ultime du foot féminin, avant que le Barça ne vienne lui disputer ce trône. Depuis 2022, justement, plus aucun sacre européen n’est venu enrichir ce palmarès déjà vertigineux, et la dernière désillusion en date remonte à mai dernier : une finale perdue 4-0 face aux Catalanes. Reconquérir l’Europe est donc, plus que jamais, l’obsession de la maison lyonnaise.
Pour y parvenir, les Lyonnes peuvent toujours compter sur un effectif rempli de stars. Difficile de toutes les nommer ; on soulignera néanmoins l’iconique capitaine Wendie Renard et la meilleure buteuse de l’histoire de la Ligue des champions, Ada Hegerberg. Sans oublier les jeunes pépites : Melchie Dumornay, Lily Yohannes et le transfert de l’été, Salma Paralluelo.
HB Køge, le miroir danois du SFCCF
Beaucoup moins familier au grand public, le HB Køge est pourtant le fruit d’un pari lancé il y a six ans à peine. Promu dans l’élite danoise en 2020, le club s’impose presque immédiatement face aux deux ogres historiques du championnat, Fortuna Hjørring et Brøndby, et enchaîne depuis les titres nationaux : 2021, 2022, 2023, puis à nouveau en 2026. Comme les Grenat, Køge dispute cette saison sa deuxième phase finale de Champions League. Coup du destin, sa première qualification remonte également à 2021, la même année que celle du Servette : les deux clubs avaient alors été éliminés en phase de groupes, et Køge s’était qualifié cette année-là en écartant… le Sparta Prague, tout comme les Genevoises viennent de le faire.
Sur le terrain, les Danoises pourront compter sur l’expérience de Simone Boye en défense, une vétérane de la sélection nationale (96 sélections) qui est notamment passée par le Bayern et Arsenal. Devant, il faudra se méfier de Kyra Carusa : l’attaquante centrale irlandaise a déjà planté trois buts et délivré trois passes décisives en cinq matchs de championnat cette saison. Sans oublier la légende Nadia Nadim, forte de 108 sélections et de 38 buts avec le Danemark. Passée notamment par le PSG, elle a aussi marqué de son empreinte le championnat étasunien lors de son passage outre-Atlantique. L’effectif compte également un talent à suivre de près : la jeune Islandaise de 20 ans, Emelia Oskarsdottir.
OH Leuven, le pari de la jeunesse
La saison dernière, l’OH Leuven est devenu le premier club belge de l’histoire à se qualifier en phase de ligue de la Champions League féminine. Son épopée européenne avait alors été pas loin d’être héroïque : un nul complètement fou (2-2) contre le Paris FC après avoir été mené 0-2, une victoire arrachée à la 96e minute contre Twente et un point pris face au PSG. Les Belges étaient parvenues à se hisser jusqu’aux barrages, où leur aventure avait pris fin face à Arsenal. Portées par ce nouvel élan et un deuxième titre de championnes de Belgique consécutif, elles ont cette fois confirmé en venant à bout du club polonais du Czarni Sosnowiec pour valider leur billet européen.
Le club mise sur un effectif très jeune, avec à peine 20,9 ans de moyenne d’âge, à l’image de la défenseure Saar Janssen, 21 ans, mais présente en équipe nationale belge depuis ses 18 ans. Pour compenser ce manque d’expérience, les Louvanistes peuvent s’appuyer sur leur capitaine Julie Biesmans, forte de plus de 100 sélections avec la Belgique et véritable colonne vertébrale de l’équipe. À surveiller également : Jada Conijnenberg, déjà décisive cette saison avec quatre buts et une passe décisive en qualifications de Champions League, et auteure de 13 buts en 20 matchs de championnat l’an dernier.
AS Roma, l’heure de la revanche ?
Créée en 2018 seulement, la section féminine de l’AS Roma n’a pas mis longtemps à s’imposer dans le paysage italien : un premier titre de championne d’Italie en 2023, puis un deuxième l’année suivante et un troisième en 2026, dans un duel qui l’oppose désormais régulièrement à la Juventus pour la couronne nationale. Sur la scène européenne, les Romaines ont découvert la Champions League en 2022, avant d’être éliminées par le FC Barcelone en quarts de finale. Depuis, la Roma s’est installée comme une habituée de la compétition. Le SFCCF connaît d’ailleurs personnellement sa force de frappe : c’est justement face à ce même club que les Grenat avaient chuté en barrages de qualification en 2024, battues 3-1 à l’extérieur, puis 7-2 à domicile. Deux ans plus tard, l’occasion est belle de prendre leur revanche.
L’effectif giallorosso peut s’appuyer sur son ossature italienne, emmenée par la capitaine et milieu de terrain Manuela Giugliano, dont le compteur de sélections avec la Nazionale frôle déjà la centaine. À ses côtés, Martina Piemonte s’est chargée de faire trembler les filets la saison passée, avec 13 réalisations en 31 rencontres. Quant à Alayah Pilgrim, son sens du but ne sera une surprise pour personne en Suisse : la Nati profite déjà régulièrement de son danger offensif.
FC Barcelone, les championnes en titre
Difficile de trouver plus impressionnant, actuellement, que le FC Barcelone. Les Catalanes ont décroché en mai dernier un quatrième titre de Champions League, après leurs sacres de 2021, 2023 et 2024, et règnent en parallèle depuis sept ans sans partage sur le championnat espagnol.
L’été 2026 restera pourtant dans les mémoires comme celui d’un exode sans précédent pour le club blaugrana : la double Ballon d’or Alexia Putellas s’en est allée du côté de London City Lionesses, Ona Batlle a rejoint Arsenal, tandis que Mapi León et Salma Paralluelo ont, elles, choisi Lyon. Une page se tourne indéniablement pour le club catalan, qui a répondu en puisant dans le vivier légendaire de la Masia et en s’offrant Kerolin, en provenance de Manchester City. Le noyau reste toutefois stratosphérique, avec l’autre double Ballon d’or, Aitana Bonmatí, toujours aux commandes du jeu catalan, épaulée par Patri Guijarro. Devant, la Polonaise Ewa Pajor affiche un sens du but hallucinant, avec 75 buts en 88 matchs sous le maillot barcelonais, aux côtés d’une Caroline Graham Hansen armée de sa patte au toucher magique. Un nom résonnera enfin particulièrement en Suisse : celui de Sydney Schertenleib, elle aussi présente dans cet effectif blaugrana. À seulement 19 ans, elle est déjà vue par beaucoup comme le plus grand talent du football helvétique pour les années à venir et croisera la route de ses compatriotes du Servette Chênois Féminin le 19 novembre prochain.
Paris FC, l’ascension d’un outsider
Encore une formation récente dans le paysage du football féminin, le Paris FC est né en 2017 de l’absorption du FCF Juvisy, une fusion synonyme d’investissements et d’infrastructures revues à la hausse. Longtemps troisième force de la D1 Arkema derrière le PSG et surtout l’OL, le club a explosé la saison dernière avec un exercice 2025-2026 tout simplement historique : deuxième du championnat de France devant le PSG et vainqueur de la Coupe de France face à ces mêmes voisines parisiennes.
Sur la scène européenne, le club s’était déjà fait remarquer en se qualifiant pour la première fois en phase de groupes en 2023, éliminant au passage deux grands noms de la compétition, Arsenal et Wolfsburg, avant de terminer troisième de son groupe devant le Real Madrid. De retour dans la compétition en 2025, les Parisiennes ont terminé dixièmes sur dix-huit en phase de ligue, avec deux victoires, deux nuls et deux défaites, un bilan suffisant pour se hisser dans la zone des barrages, où elles échoueront face au Real Madrid.
L’équipe peut compter sur des cadres au palmarès impressionnant, à commencer par Clara Matéo, internationale française et meilleure joueuse de la saison en D1 Arkema en 2025, année où elle avait planté 17 buts et délivré 7 passes décisives en 19 matchs. À ses côtés, la Canadienne Evelyn Viens, médaillée d’or aux JO de Tokyo et passée notamment par l’AS Roma, apporte son expérience. De quoi encadrer une nouvelle génération prometteuse, à l’image de Melween N’Dongala, latérale droite moderne de 22 ans qui incarne l’avenir du foot tricolore, ou de la toute jeune Aurélie Reynders, grand espoir belge de 19 ans.

Serrano et Sobal avaient offert la victoire au SFCCF à Rapperswil.
Crédit photo : Maria Symchych
Article rédigé par
Alik Garibian
