
Lambourde prend ses marques à Genève.
Crédit photo : Lucarne Grenat
Mathis Lambourde, de l’Italie à Genève, un nouveau départ
Six matchs, deux buts. Mathis Lambourde commence doucement à prendre ses marques sous le maillot grenat. Arrivé cet été avec l’étiquette du jeune ailier capable de faire lever un stade, le Français de 20 ans sait pourtant qu’il n’a encore montré que quelques éclairs de ce qu’il peut réellement apporter. Et ça tombe bien, il a toute une saison pour le démontrer.
« Je pense que c’est normal, avec le temps, ça va venir. » Simple, efficace. Lambourde ne cherche pas d’excuse et ne promet pas monts et merveilles. Il sait simplement qu’il lui faut encore du temps pour trouver ses repères dans une équipe largement remodelée.
À droite ou à gauche, le jeune homme a déjà goûté aux deux côtés du terrain. Avec une préférence assumée pour le flanc droit, où il peut rentrer sur son pied gauche et laisser parler sa qualité de dribble. Le problème ? Les espaces et les situations de un-contre-un ne se sont pas toujours présentés.
« Je n’ai pas forcément eu de prise d’un contre un, d’occasion ou de situation où je peux vraiment exprimer ma qualité d’un contre un », explique-t-il.
Un paradoxe pour un joueur dont le principal argument reste justement cette capacité à éliminer. Servette doit encore apprendre à utiliser ses nouveaux profils, et Lambourde doit apprendre à les utiliser avec ses nouveaux partenaires. Une histoire d’automatismes, en somme.
Avant de débarquer à Genève, Lambourde avait déjà connu une trajectoire pour le moins particulière. Formé en France, à Rennes, il découvre l’Italie et la Serie A à seulement 18 ans. Puis la Serie B, en prêt, pour aller chercher du temps de jeu. A l’image de Junior Kadile l’année passé, formé lui aussi à Rennes avant de partir en prêt et se retrouver à Genève.
L’expérience italienne lui aura surtout laissé quelques notions tactiques.
« En Italie, tu ne fais vraiment que de la tactique », raconte-t-il. En Serie B, le football est encore plus fermé qu’en Serie A : « C’est l’équipe qui prendra le moins de buts qui gagnera le match. »
Pas exactement le terrain de jeu idéal pour un garçon qui aime avoir le ballon dans les pieds, combiner et attaquer les espaces.
La Suisse lui offre donc un décor différent. Davantage d’espaces, un jeu plus ouvert, et un environnement dans lequel son profil peut davantage s’exprimer. « Ici et en France, je mets un peu ça dans le même panier. Il y a beaucoup plus d’espaces. C’est plus plaisant à jouer. »
Son passage en Italie n’est toutefois pas vécu comme un échec. Bien au contraire. Lambourde assume pleinement ses choix. À 20 ans, il considère cette période comme une partie essentielle de son apprentissage.
« Je n’ai aucun regret. La Serie A, ça fait partie de mon parcours. C’est ce qui fait mon bagage aujourd’hui. »
Ce bagage, Lambourde compte désormais le mettre au service du Servette. Car derrière le portrait de l’ailier virevoltant se cache aussi un joueur qui a beaucoup appris tactiquement. Il peut jouer à gauche, à droite, mais aussi plus à l’intérieur, voire en numéro 10 ou devant. Un profil suffisamment polyvalent pour s’adapter aux besoins de Gourvennec.
« On me met, je joue », résume-t-il.
Une phrase qui colle plutôt bien au personnage. D’autant que le passage au 4-4-2 ne semble pas lui poser de problème. Au contraire, il accepte de défendre davantage et de partir parfois de plus bas.
Gourvennec apprécie forcément ce genre de couteau suisse offensif. « Il peut jouer tant à droite qu’à gauche, il pourrait même jouer en 10 ou en pointe », souligne l’entraîneur. Une polyvalence qui offre au Servette davantage de possibilités pour modifier son animation en cours de match.
Et surtout, davantage d’imprévisibilité.
Lambourde refuse également de se fixer un chiffre. Dix buts ? Quinze ? Vingt ? Peu importe.
« Se fixer des objectifs, c’est un peu se fixer des limites. »
Alors le Français préfère laisser parler le terrain. S’il doit en mettre trente, il en mettra trente. S’il doit en mettre dix, ce seront dix. L’idée reste la même : donner le maximum à chaque entraînement et chaque match.
International chez les jeunes, de la sélection U17 à la U19, Lambourde garde dans un coin de sa tête l’idée de retrouver les Bleuets. Mais pas question d’en faire une obsession. Les performances avec Servette d’abord, le reste ensuite.
« Si le sélectionneur, un jour, il m’appelle, je ne refuserai pas, c’est sûr. »
Pour l’instant, son regard reste donc braqué sur Genève.
Quand vient la question des modèles, la réponse commence par un classique : Lionel Messi. Puis elle se précise avec Lamine Yamal, devenu pour lui une référence à son poste.
Le parallèle est intéressant. Deux joueurs capables de rentrer sur leur pied gauche, de combiner, d’éliminer et de créer dans les petits espaces. Deux joueurs dont Lambourde observe attentivement les mouvements.
Chez Lambourde, le football reste le football.
À Genève, le jeune ailier a désormais tout le temps pour écrire la suite. Le mercato est terminé, le groupe s’est stabilisé, les victoires commencent à s’enchaîner et les automatismes offensifs se construisent. Il ne manque peut-être plus qu’une chose : davantage de situations pour laisser parler ses jambes. Parce que les quelques éclairs aperçus depuis son arrivée donnent surtout envie de voir l’orage.

Lambourde est arrivé cet été au Servette FC.
Crédit photo : Lucarne Grenat
Article rédigé par
Nicola Di Nardo
