Kaleigh Quennec (rang du bas, 3e depuis la droite) a décroché la médaille de bronze aux JO 2026 avec l’équipe de Suisse.

Crédit photo : Instagram – @kaleigh_quennec

Kaleigh Quennec: « Je ne pensais même pas possible qu’une médaille olympique devienne un objectif »

Médaillée de bronze aux JO de Milan 2026 avec l’équipe de Suisse, la hockeyeuse genevoise Kaleigh Quennec a mis un terme à sa carrière à l’âge de 28 ans. Elle est evenue pour Lucarne Grenat sur ces derniers mois riches en émotions, tout en donnant quelques indices sur son avenir.

Médaillée de bronze aux JO de Milan-Cortina en février dernier, Kaleigh Quennec est l’une des deux hockeyeuses genevoises à avoir participé à l’exploit de l’équipe de Suisse sur la glace lombarde. Formée au GSHC, elle fait partie des rares romandes à être régulièrement convoquée sous les drapeaux. Ou plutôt elle faisait, puisque l’ancienne joueuse de Berne a annoncé durant l’été sa retraite sportive avec effet immédiat.

« Cela prouve que le sport féminin est encore en développement et que l’attention n’y est portée que lors des grands événements »

L’annonce est passée relativement inaperçue en Suisse romande, alors que la binationale canado-suisse de 28 ans avait marqué les esprits quelques mois auparavant avec sa joie débordante lors de ce podium historique. « Ça prouve que le sport féminin est encore en développement et que l’attention n’y est portée que lors des grands événements. La SRF en a parlé en marge du camp estival de l’équipe de Suisse, ce que je trouve cool, mais ce n’est évidemment pas comme en NHL par exemple », reconnait-elle au micro de Lucarne Grenat.

 

Les JO 2026, l’exploit du collectif

L’attaquante revient avec émotion sur son épopée italienne. « J’ai encore de la peine à dire ce que je garde de ces JO. La médaille de bronze, évidemment. Je crois que cela a été l’une des journées les plus heureuses de nos vies. Mais cela revient au collectif », lance-t-elle. Si la plupart des joueuses se connaissaient depuis plusieurs années, il a souvent manqué un petit quelque chose pour que la Nati parvienne à réaliser son plein potentiel, qu’elle a fini par confirmer à Milan.

« Je crois que cela a été l’une des journées les plus heureuses de nos vies »

« Pour moi, la beauté de ces JO, c’est que, dès le rassemblement à Zurich, nous sentions sans l’exprimer que nous étions un peu plus unies. Nous comprenions chacune notre rôle et nous savions que nous devions le jouer à 100% pour que cela fonctionne. Je ne sais pas pourquoi, mais je voyais que quelque chose avait changé. Le match contre la Tchéquie, que nous remportons aux tirs au but après avoir été menées au score, a servi de déclic. Après cela, je savais que nous allions vivre quelque chose de spécial », se remémore la Genevoise.

 

Même pas possible d’en rêver

Cette médaille olympique signifie énormément pour Kaleigh Quennec, puisqu’elle dépasse le cadre d’un simple rêve d’enfant. Le hockey féminin ne s’étant développé que très récemment dans la région lémanique, il a longtemps semblé utopique pour une joueuse locale de viser une telle récompense. « Quand j’ai commencé au Genève-Servette avec les Moskitos, ou encore avant sur l’ancienne patinoire provisoire de Coppet, je ne pensais même pas qu’il soit possible qu’une médaille olympique devienne un jour mon objectif. C’est seulement devenu un rêve plus tard dans ma carrière, tout simplement parce que je ne pensais pas que c’était quelque chose que l’on pouvait réaliser », souligne-t-elle.

Lorsqu’elle a commencé à évoluer avec les Grenat, la Genevoise a dû jouer des coudes pour se faire sa place dans les championnats juniors masculins. Il n’a pas toujours été facile pour elle d’affronter les clichés d’un sport à l’environnement très viril, qui plus est en tant que seule fille de son équipe. « J’ai prouvé que j’avais ma place, même si j’avais le droit de jouer avec deux ans d’avance sur chaque classe d’âge. Je me suis fait respecter dans la ligue, même si j’avais un peu une cible dans mon dos lorsque les adversaires voyaient que j’étais la seule fille de l’équipe. Il fallait que je garde toujours la tête haute et que je fasse attention, mais mes coéquipiers ont toujours été là pour me protéger », admet-elle.

L’esprit d’équipe était déjà à l’époque l’une des valeurs cardinales qu’elle partageait avec ses coéquipiers. « C’étaient mes frères. Nous avons grandi ensemble et j’ai encore contact avec plusieurs d’entre eux actuellement. C’était une évidence pour moi de jouer à Genève et j’ai adoré le temps que j’y ai passé », apprécie-t-elle.

Le développement du hockey féminin passe par la base

Les réalités restent cependant très différentes en Suisse selon que l’on parle de hockey masculin ou féminin. Fribourg et Lausanne ont récemment pris le parti de développer leurs sections féminines (toutes deux en SWHL A) et de les mettre autant en avant que possible en organisant plusieurs événements communs, alors que les Servettiennes (qui militent en SWHL C) viennent d’être intégrées durant l’été au Groupe Grenat.

A l’inverse, Ambri a mis sa section féminine en sommeil cette saison en raison de problèmes financiers. Une situation que déplore Kaleigh Quennec: « Le hockey féminin, peu importe où en Suisse, est encore en voie de développement. Les gens doivent comprendre que c’est un investissement qui ne va peut-être pas porter ses fruits, financièrement parlant, dans les deux, trois ou même cinq prochaines années, mais plus tard ».

« C’était une évidence pour moi de jouer à Genève et j’ai adoré le temps que j’y ai passé »

La désormais ex-hockeyeuse rappelle aussi que le sport féminin est en plein essor dans le monde actuellement. Pour la Genevoise, il faut avant tout soutenir la base afin de pérenniser ce développement. « L’investissement en vaut la peine, car ces femmes traversent mille et une difficultés, mais sont tellement passionnées qu’elles donnent tout. C’est grâce à elles que nous allons développer notre ligue féminine et avoir, dans quelques années, plus de joueuses en PWHL ou ailleurs pour représenter la Suisse. Quelques ressources supplémentaires peuvent faire une différence folle pour les joueuses, car le fait de se sentir soutenues aide à mieux accepter les difficultés à surmonter », explique-t-elle.

 

Désormais à Montréal

Très investie dans la promotion et le développement du hockey féminin en Suisse, Kaleigh Quennec a retrouvé son autre patrie pour quelques temps, puisqu’elle a déménagé à Montréal, véritable temple mondial du hockey mondial, dont elle compare la passion à celle du football en Angleterre. Elle détaille:

« Les gens sont dans leur bulle, ils ne voient que cela. Que ce soit le grand-père de 75 ans ou le jeune de 5 ans, tout le monde veut suivre son équipe à 100%. Ils sont très très passionnés. C’est une ville qui respire le hockey sur glace et on le ressent. Le sport universitaire prend aussi une place énorme et pas uniquement avec le hockey sur glace »

Si elle ne griffe désormais plus la glace en tant que joueuse, Kaleigh Quennec ne délaisse pas sa passion du hockey pour autant. La Genevoise dévoile ses projets d’avenir et les raisons qui l’ont poussée à raccrocher les patins dans la suite de notre interview, enregistrée début septembre et disponible sur les chaînes Youtube et Spotify de Lucarne Grenat. Spoiler alert: il se pourrait bien qu’un potentiel retour aux Vernets ait été évoqué à un moment donné.

 

Kaleigh Quennec a disputé plus de 100 matchs avec l’équipe de Suisse. (Crédit photo : X – @SwissIceHockey)

Article rédigé par
Bastien Trottet

Publié le 29 septembre 2026

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