
Célia Dupré (deuxième depuis la droite) est récemment devenue championne d’Europe d’aviron.
Crédit photo : Instagram – @cecece13
« Être championne d’Europe d’aviron… j’en ai encore des frissons », exulte Célia Dupré!
Récemment championne d’Europe d’aviron, le Genevoise Célia Dupré revient sur cet exploit aux Européens. Née aux Etats-Unis, l’athlète de 24 ans pratique son sport à l’université de Stanford en Californie avec qui elle a remporté à deux reprises la NCAA.
A quel âge avez-vous commencé l’aviron et était-ce à Genève ?
Mon histoire est compliquée (rires) ! Je suis Franco-américaine et je suis née aux États-Unis, j’ai commencé l’aviron là-bas en 2011 et cela fait maintenant 12 ans que je suis en Suisse. Ma mère faisait de l’aviron et m’a initié à ce sport. J’ai mon le cursus sport-études à Genève et c’est comme ça que j’ai été repérée par l’équipe de Suisse.
Est-ce que de bonnes structures existent à Genève pour pratiquer l’aviron et à quel point sont-elles comparables par rapport aux États-Unis ?
Les US, c’est juste un autre niveau par rapport aux soutiens pour les sportifs universitaires, rien n’est comparable. Nous avons deux clubs d’aviron à Genève mais même sans programme scolaire comme aux États-Unis, c’est possible de réussir. On me disait souvent que je n’allais pas réussir et mon hobby est de prouves à ces gens qu’ils avaient torts et aujourd’hui je suis à Stanford et j’ai fait les Jeux olympiques. Le niveau est très élevé aussi, en NCAA, nous avons battu le record du monde, tout le monde pourrait être en équipe de Suisse, c’est dire !
Pour en venir aux Européens, comment s’est formé le quatuor qui a remporté l’or ?
C’était particulier car nous n’étions pas le bateau suisse numéro un. On avait un nouveau coach qui ne me connaissait pas puisque j’étais aux USA. Il m’a donc placé dans le bateau secondaire et ce malgré les records que j’ai pu avoir. Avec mes coéquipières, on a voulu relever ce challenge. Avec Lisa Lötscher, on se connaît depuis très longtemps, on se comprend comme des sœurs et nous avons la même énergie et on a réussi à devenir le bateau principal.
Vous avez participé aux Jeux olympiques de Paris en 2024, racontez-nous cette expérience !
Les JO, c’est très déstabilisant pour les athlètes. Tu dois rester dans ta bulle, c’est la fin d’un processus de quatre ans, c’est presque l’objectif final. Nous ne logions pas au village olympique, le plan d’eau était légèrement en-dehors de Paris mais nous y avons passé une soirée et c’est très stimulant.
Est-ce qu’on ressent une certaine pression quand on dispute les Jeux olympiques ?
L’année avant les JO était compliquée pour moi, nous avions un coach avec qui… ce n’était pas simple. C’était intense et ça nous a beaucoup affecté mentalement. En arrivant à Paris, toute la pression était à l’intérieur de nous mais cela restait une course de deux kilomètres contre les mêmes bateaux que d’habitude, il n’y avait pas beaucoup de différences finalement. Et quand tu passes la ligne d’arrivée, tu te dis « c’est tout ? ». Après les JO, j’ai compris qu’il ne fallait pas faire un sport pour aller aux JO mais pour le plaisir et l’année précédent Paris, j’avais perdu ce plaisir et il ne faut pas se laisser abattre par un coach par exemple.
Vous terminez finalement quatrièmes… quel était le sentiment après la course ? Vous avez ressenti plutôt de la fierté ou de la tristesse de manquer de peu la médaille ?
Durant la course, on pensait se battre pour ne pas finir dernière. On ne savait pas qu’on était « dans le game » pour une médaille. Nous étions déçues le premier jour mais on se disait surtout « wow, c’est terminé. » Aujourd’hui, j’en suis fier, nous étions jeunes et avons enduré un planning d’entraînements inhumain. Je n’ai jamais eu des regrets.
On arrive aux Européens de 2026, qu’est-ce que ça représente pour toi d’être championne d’Europe d’aviron ?
J’en ai encore des frissons ! Cette course, c’était la preuve que toute l’énergie que tu mets dans un projet attire la réussite. C’est un peu métaphysique ce que je dis (rires) ! Avant la course, j’ai dit : « les filles, on y va pour gagner. » J’ai senti une folle détermination entre nous et on a gagné pour rien du tout. Pendant la course, j’étais certaine qu’on allait réussir. On a battu les championnes du monde et championnes olympiques… c’était une immense pas vers l’avant pour nous.
Los Angeles 2028, c’est un objectif pour vous ? Vous êtes née aux États-Unis, ça doit être particulier de disputer des Jeux olympiques là-bas…
Ce n’est pas la première fois qu’on me pose la question (rires). On m’a déjà dit : « Tu as été à Paris, tu es Française et tu iras à Los Angeles et tu es Américaine. Il manque des JO en Suisse ! » Je n’y pense pas trop pour le moment mais à LA, ils changeront la distance de la course… ça sera 1’500 mètres et non 2’000. C’est comme enlever un quart d’un marathon, ça sera… intéressant et plus du sprint que de l’endurance et ça durera moins de 6 minutes.

Objectif dorénavant: les Jeux olympiques de Los Angeles dans deux ans.
Crédit photo : Instagram – @cecece13
Article rédigé par
Ethan Fasnacht
