Cri de guerre des Servettiennes au Stade de Genève

Crédit photo : Nicolas Valloggia

CHAMPIONS LEAGUE FÉMININE : SFCCF – OL LYONNES, LE CHOC FACE AU CLUB LE PLUS TITRÉ DE LA COMPETITION

Le football féminin suisse s’apprête à vivre un nouveau rendez-vous européen majeur. Le mercredi 23 septembre, le Servette Chênois Féminin reçoit OL Lyonnes dans le cadre de la Women’s Champions League. Une affiche prestigieuse pour les Genevoises, qui vont se mesurer à une référence du football féminin européen.

Pour le SFCCF, c’est aussi une soirée historique : après l’épopée de 2021, le club participe pour la deuxième fois seulement de son histoire à la phase finale d’UWCL. Une qualification, décrochée face au Dinamo Minsk, Aktobe puis le Sparta Prague. Lyon, de son côté, n’a pas eu à passer par les tours de qualification : championne de France, le club accède directement à la phase de ligue. Finaliste malheureux de la dernière Ligue des champions, il disputera à Genève son premier match européen de la saison. 

Des racines qui remontent au FC Lyon

Il y a les grands clubs. Et puis, il y a ceux qui construisent des dynasties. Depuis près de deux décennies, Lyon règne sur le football féminin français et s’est imposé comme l’une des plus grandes puissances du football européen. Aujourd’hui rebaptisé OL Lyonnes, le club continue d’écrire sa légende, construite autour d’une idée simple : gagner, encore et toujours.

L’histoire des Lyonnaises ne commence pourtant pas avec l’Olympique Lyonnais. Elle plonge ses racines dans le FC Lyon, dont la section féminine voit le jour en 1970. Au fil des années, le club s’installe parmi les meilleures formations françaises et remporte plusieurs titres nationaux. En 2004, l’Olympique Lyonnais récupère les droits de la section féminine et lui offre une nouvelle dimension. À partir de 2007, Lyon commence une domination exceptionnelle du championnat de France. Les titres s’enchaînent : 19 au total, dont une incroyable série de 14 sacres consécutifs entre 2007 et 2020. Des chiffres qui donnent le vertige.

L’Europe comme terrain de jeu

Mais limiter Lyon à sa domination nationale serait oublier l’essentiel : très vite, le club s’est aussi imposé comme une puissance majeure sur la scène européenne. Huit Ligues des champions féminines figurent à son palmarès (2011, 2012, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2022), dont cinq consécutives entre 2016 et 2020. Durant cette période, Lyon semble presque intouchable : le club devient la référence absolue du football féminin européen et impose un niveau d’exigence qui va contribuer à faire évoluer toute la discipline.

OL Lyonnes, une nouvelle ère

En 2025, la section féminine de l’Olympique Lyonnais devient officiellement OL Lyonnes. Un changement de nom qui symbolise la volonté d’affirmer une identité propre et de donner une nouvelle dimension au projet du football féminin lyonnais. Avec Michele Kang à sa tête et une ambition internationale assumée, le club entend poursuivre son développement et rester un acteur majeur du football féminin mondial. Le défi est désormais de maintenir cette culture de la victoire tout en continuant à faire évoluer le modèle. Car l’absence de titre européen depuis 2022 reste une blessure pour le club, d’autant que la dernière finale s’est soldée par une défaite. Sa reconquête est un objectif clairement assumé.

Pour l’instant, la mécanique est bien huilée. OL Lyonnes réalise un début de saison particulièrement prolifique : les Lyonnaises ont remporté leurs trois premières journées d’Arkema Première Ligue, 7-1 à Fleury, 7-1 contre le Paris FC et 8-1 au Havre. Avec 22 buts inscrits et seulement trois encaissés, elles occupent la première place du championnat français avec neuf points.

Les Lyonnaises à surveiller

Si Ada Hegerberg reste évidemment l’un des noms à suivre, le danger lyonnais ne se limite pas à la Norvégienne. Cet été, Lyon a encore étoffé son secteur offensif avec les arrivées de Salma Paralluelo (FC Barcelone) et de Caroline Weir (Real Madrid). Quatre autres joueuses, déjà en place, sont à surveiller de près :

  • Melchie Dumornay est l’une des joueuses offensives les plus explosives de l’effectif. La milieu haïtienne possède une grande capacité à éliminer, à casser les lignes et à se projeter rapidement vers le but. Elle a inscrit deux buts lors de la large victoire à Fleury et signé un doublé face au Paris FC.
  • Tabitha Chawinga se distingue par sa vitesse et sa capacité à prendre la profondeur. L’attaquante malawite est une arme importante du dispositif lyonnais.
  • Marie-Antoinette Katoto apporte un profil différent : présence dans la surface, puissance et grande efficacité devant le but. Arrivée à Lyon en 2025, l’internationale française s’est rapidement intégrée au secteur offensif et a elle aussi inscrit un doublé lors du 7-1 contre le Paris FC.
  • Selma Bacha représente une menace importante dans le couloir. Formée au club, la latérale française apporte beaucoup par sa vitesse, la qualité de ses centres et sa capacité à participer aux phases offensives.

Face à une telle armada offensive, la défense du SFCCF sera la clé de la soirée. Pour les Genevoises, c’est aussi ce qui fait l’intérêt de ce rendez-vous : voir où elles se situent face au sommet du football européen.

De Lyon à Genève, une histoire commune

Ce rendez-vous a aussi une dimension plus personnelle, car les deux clubs se connaissent bien. Plusieurs joueuses du SFCCF ont fait leurs classes au centre de formation de l’OL : Noémie Carage et surtout la capitaine, Daina Bourma, qui y a évolué à la même période que Selma Bacha, aujourd’hui l’une des joueuses phares de Lyon. Le chemin a aussi été emprunté dans l’autre sens, comme le montre Sofia Bekhaled : prêtée aux Grenat la saison dernière, elle est aujourd’hui de retour dans l’effectif lyonnais. Voisins, les deux clubs se sont d’ailleurs déjà affrontés à plusieurs reprises en match amical.

Mercredi, l’enjeu sera d’une tout autre nature. Lyon lance sa campagne européenne avec l’ambition de récupérer un trône qui lui échappe depuis 2022. Le SFCCF, lui, s’aligne avec l’état d’esprit de celles qui n’ont rien à perdre. À Genève, l’histoire est beaucoup plus jeune que celle de l’OL et les moyens ne sont de loin pas les mêmes, mais rien n’interdit de rêver. Reste désormais à savoir jusqu’où le Servette FC Chênois Féminin pourra se hisser.

Daïna Bourma et Meriame Terchoune au Stade de Genève

Crédit photo : Maria Symchych

Daïna Bourma au Stade des Trois-Chêne contre Aarau

Crédit photo : Maria Symchych

Article rédigé par
Loïc Glannaz

Publié le 21 septembre 2026

Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Cookies strictement nécessaires

Cette option doit être activée à tout moment afin que nous puissions enregistrer vos préférences pour les réglages de cookie.