
Gourvennec a parlé des joueurs sur le départ.
Crédit photo : Loïc Chardonnens
Ayé déjà parti, Kadile bientôt ? Servette aurait deux pistes pour les remplacer
À Servette, le mercato ressemble de plus en plus à une partie de poker dont personne ne connaît encore les cartes. À quelques jours de sa fermeture, le club genevois doit composer avec plusieurs départs potentiels, quelques arrivées dans les tuyaux et un entraîneur qui, lui, préfère regarder ce qu’il a sous les yeux plutôt que de spéculer sur ce qui pourrait arriver.
À la veille de la réception de Lucerne, Jocelyn Gourvennec n’a d’ailleurs pas franchement tremblé au moment d’évoquer les dossiers chauds du moment. Junior Kadile et Florian Ayé sont sur le départ, mais rien n’est encore officiellement bouclé – Ayé à été officialisé à Kocaelispor dix minutes après la fin de la conférence de presse. « Les deux sont sur le départ, mais à l’instant T, rien n’est fait », résume le technicien. Une manière élégante de rappeler qu’en période de mercato, une certitude peut avoir la durée de vie d’un tweet.
Pour Gourvennec, pas question cependant de passer ses journées à actualiser son téléphone. « Je m’occupe de ceux qui sont là », martèle-t-il. Les blessés, les joueurs disponibles, les entraînements, le prochain adversaire : voilà son terrain de jeu. Le reste appartient aux dirigeants et aux fameuses fenêtres de mercato, que le Breton juge d’ailleurs « un peu trop longues ». Difficile de lui donner tort lorsqu’un entraîneur doit préparer une saison avec un effectif susceptible de changer jusqu’à la dernière minute.
La trêve de deux semaines sans match aurait pu casser le rythme. Servette a plutôt choisi de travailler. Gourvennec garde notamment en mémoire la dernière sortie de son équipe en coupe face au FC Bavois, qu’il juge « très sérieuse, très pro, très impliquée ». Après une semaine de transition, place au travail collectif.
Car demain, il faudra repartir au combat face à une équipe de Lucerne que les Grenat connaissent désormais presque par cœur. Les Lucernois ont changé d’entraîneur, de gardien et apporté quelques modifications au milieu et en attaque. Mais leur ADN reste sensiblement le même : profondeur, vitesse et transitions.
« C’est une équipe très forte dans l’attaque de la profondeur et très forte dans la transition », prévient Gourvennec. Une équipe capable de prendre de la vitesse, mais aussi d’être irrégulière. Servette devra donc éviter de lui offrir les espaces dont elle raffole.
Et si Lucerne arrive avec davantage de confiance après sa victoire contre Lausanne, les Genevois ne partent pas exactement les mains dans les poches. Les victoires contre Grasshopper et Bavois ont permis de construire une base solide. Reste maintenant à savoir quelle tête aura cette équipe lorsque le mercato aura enfin décidé de lui lâcher les baskets.
Parce que oui, il va encore bouger. Gourvennec s’attend logiquement à trois arrivées d’ici la fermeture du marché, notamment pour compenser les éventuels départs de Junior et Florian, mais aussi ceux de Jérémy Guillemenot et Julian Von Moos.
Le profil recherché est assez clair. Du dribble, de la vitesse, de l’impact offensif, mais aussi la capacité à comprendre le système servettien. Le club ne veut pas simplement empiler les CV. Il veut des joueurs capables d’entrer immédiatement dans son projet.
Et surtout, il y a une condition qui semble non négociable : l’envie.
« On ne vient pas à Servette pour s’en servir de tremplin. On vient à Servette parce qu’on a envie de jouer à Servette », insiste Gourvennec. Une petite phrase qui ressemble autant à un principe qu’à un message envoyé à ceux qui seraient tentés de voir Genève comme une simple escale avant de filer ailleurs.
David Fofana (Chelsea) devrait justement rejoindre le club, même si Gourvennec reste prudent tant que rien n’est signé. Quant aux autres noms qui circulent, notamment celui de Kingstone Mutandwa (Cagliari), rumeur évoquée ce matin, le coach confirme. « Il fait partie de la liste des joueurs recherchés».
Pedro, le métronome venu mettre de l’ordre
Dans ce mercato mouvant, une arrivée est déjà actée : Pedro Naressi. Et Gourvennec semble particulièrement apprécier ce que le Brésilien peut apporter à son milieu de terrain.
Expérience, intelligence de jeu, capacité à gérer le tempo : Pedro doit être celui qui sait quand accélérer et quand calmer la machine. Une qualité précieuse pour accompagner des profils davantage tournés vers la projection comme Timo Cognat ou David Douline.
Le milieu de terrain servettien dispose désormais d’une palette plus large. Et c’est justement ce que cherchait le staff : pouvoir associer des profils différents plutôt que de demander à tout le monde de jouer la même partition.
Et puis il y a Miroslav Stevanović. À 36 ans, le Serbe continue de jouer les couteaux suisses avec une décontraction presque insolente.
Sur un côté ? Oui. Dans l’axe ? Évidemment. Devant la défense ? Pourquoi pas, selon Gourvennec, qui assure même qu’il pourrait l’y aligner « sans problème ».
Le secret n’est pas vraiment l’âge. C’est l’intelligence de jeu. Stevanović comprend les espaces, les rythmes et les situations. Et, surtout, son niveau athlétique reste impressionnant selon son entraîneur. Dans la répétition des efforts et les séquences à haute intensité, il continue de répondre présent.
Avec Pedro, Timo Cognat ou David Douline, Servette possède ainsi plusieurs joueurs capables d’avaler les kilomètres tout en donnant du sens à leurs déplacements.
Le problème, finalement, n’est donc pas de savoir si Servette a des solutions. Il en a. Le problème, c’est de savoir lesquelles seront encore là lorsque le mercato aura enfin décidé de fermer boutique.
En attendant, Gourvennec applique sa méthode : travailler avec ceux qui sont présents, préparer Lucerne et laisser les rumeurs faire leur vie. Après tout, dans le football moderne, il faut parfois savoir jouer un match tout en surveillant du coin de l’œil la porte du vestiaire.

Florian Ayé ne sera resté qu’un an à Genève.
Crédit photo : Lucarne Grenat
Article rédigé par
Nicola Di Nardo
