Gérard Castella restera dans les mémoires servettiennes à jamais

Crédit photo : Tribune de Genève

Gérard Castella: le mythique entraîneur genevois prend sa retraite en juin

Celui qui est, encore aujourd’hui, le dernier entraîneur à avoir remporté le championnat avec Servette, s’apprête à quitter son poste de responsable formation chez les Young Boys. Retour sur le parcours qui a fait de Gérard Castella un monument du football romand.

Un pur produit servettien

Aîné d’une famille de six enfants dont le père est cheminot et la mère s’occupe du ménage, Gérard Castella commence le football avec les juniors C du club de son quartier d’origine : le FC Vernier. Il y fait ses premières armes et ne tarde pas à rejoindre les juniors servettiens, à l’âge de 14 ans, puis la première équipe, trois ans plus tard, lors de la saison 1971/72. D’abord ailier puis milieu de terrain, Castella joue quatre saisons en Grenat, avant de signer dans un autre club genevois évoluant alors en Ligue Nationale A : le CS Chênois. Une autre époque ! Dans un football suisse encore en voie de professionnalisation, Young-Boys lui offre un premier contrat pro en 1977 : c’est le début de son aventure en dehors des murs de sa Genève natale.

De vainqueur de la Coupe de Suisse à « Monsieur Promotion »

En 1979, après deux saisons passées du côté de la capitale qui lui ont permis d’expérimenter le football européen (Coupe des coupes, Coupe Intertoto), Gérard Castella signe au Lausanne-Sports. Chez les Vaudois, il écrit, un certain lundi 8 juin 1981, la plus belle page de sa carrière de joueur, en remportant la coupe de Suisse face au FC Zurich. Deux ans plus tard, il raccroche ses crampons après avoir disputé plus de 200 matchs de LNA (Super League) en 12 années de football au plus haut niveau helvétique. Mais, loin de faire ses adieux au monde du ballon rond, Castella file entraîner Étoile Carouge lors de la saison 1982/83, et fait rapidement remonter les Stelliens en Ligue Nationale B (2e division), concrétisant la première des sept promotions dont il sera l’auteur…Un mythe est né ! Le chapitre suivant de la saga Castella en terres romandes prend place du côté d’UGS. En effet, après de courts passages du côté de Vevey (1985/86), Meyrin (1986/87) et Carouge (1987/89, demi-finale de coupe de Suisse à la clé), l’entraîneur genevois pose ses valises au stade de Frontenex et l’histoire se répète : Urania Genève Sport est promu en deuxième division (1990). Après 4 saisons en violet, il s’en va faire le bonheur du Meyrin FC, qu’il fait passer, coup sur coup, de la 2e ligue à la LNB, puis du Servette FC, avec qui il entre dans la légende un après-midi de juin 1999…

Le titre de champion en 1999

Le 2 juin 1999, alors qu’il ne reste plus qu’une journée de championnat à jouer, trois clubs sont en lice pour décrocher le titre de champion. Lausanne, 45 points au compteur, est devant, tandis que Servette et GC complètent le podium avec 43 points chacun. Pour soulever le trophée, les Grenat n’ont pas le choix : il faut ramener trois points de la Pontaise, gagner un derby du lac qui s’annonce déjà historique, face à des lausannois qui attendent un titre de champion depuis 1965. Gérard Castella, après avoir mené les Grenat à une belle deuxième place lors de la saison précédente, compte bien saisir l’occasion. Pourtant, dès la 9e minute, Fabio Celestini ouvre la marque pour le LS : entame de match parfaite pour les vaudois sous une pluie diluvienne. Il n’en fallait pas plus pour enclencher la machine servettienne : Edwin Vurens marque deux buts coup sur coup, dont un lob splendide sur un service de Fournier (12’, 15’), avant que Martin Petrov ne fasse le break sur penalty (31’). Mais Lausanne survit, et revient même au score grâce à une réussite de Marko Pantelic (37’) : 2-3 à la mi-temps, le match est fou ! Six minutes après le retour des vestiaires, Vurens inscrit pour la troisième fois son nom au tableau d’affichage (51’) et libère une première fois les siens, avant que Petrov ne scelle le score dans les dernières minutes (88’). Servette remporte, en cette folle soirée, son 17e titre de champion, tandis que Gérard Castella s’érige en véritable légende du football romand…

Nouvelles promotions et fin de carrière au service des jeunes

La carrière de Gérard Castella ne se résume toutefois pas au titre de 1999. Parti du Servette FC à l’automne 1999, il retourne à Carouge puis tente sa chance à Saint-Gall, avant de continuer sa folle série de promotions chez le rival lausannois, alors en 2e ligue inter (4e division de l’époque) suite à la faillite de 2003. En deux saisons seulement, l’entraîneur genevois ramène les vaudois en Challenge League, connaissant ainsi ses 5e et 6e promotions avec un club romand. Il met ensuite ses compétences au service de Neuchâtel Xamax, qu’il fait monter en Super League en 2007. Castella termine sa carrière par un bref retour au Servette en 2008, avant de se dédier aux jeunes talents. D’abord au sein de l’ASF, entraînant les équipes nationales juniors au début des années 2010, puis à YB, devenant Chef de Formation depuis 2017. En près de quatre décennies, Gérard Castella a donc marqué de son empreinte le football romand, à la fois comme joueur et comme entraîneur, faisant désormais partie intégrante de l’histoire des meilleurs clubs de Suisse occidentale. Sa retraite laissera un vide dans le cœur des fans de ce football d’une autre époque, mais son héritage, lui, continuera de perdurer.

Gérard Castella fête le titre avec une autre légende du club, Jacky Barlie

Crédit photo : 24Heures

Article rédigé par
Flavio Viggiani

Publié le 8 juin 2026